Créations


Vous trouverez sur cette page:

 

-  Une rubrique "Qui je suis ?"

-  Une liste de mes créations

-  Des détails et des extraits à lire

-  La liste chronologique de mes ouvrages

Qui je suis

 

Vie: 

Mon nom: « MASAROTTI » et mon prénom: « Hario » laissent deviner l’origine italienne de mes parents, émigrés des années vingt.

Je suis né en 1935, à Sempesserre, petit village d’un département charmant où il fait encore bon vivre: le Gers. Je suis redevenu Gersois à la retraite avec mon épouse, en 1992, et j’habite LECTOURE, une petite ville du Gers aux origines très anciennes, avec un passé historique riche en événements locaux, assez animée pendant les vacances d'été, un peu assoupie le reste du temps mais qui se dynamise depuis quelques années.

Nous avons deux enfants et trois petits-enfants qui vivent ailleurs.

Formation:

Etudes secondaires dans le Gers, dans le vieux collège Maréchal Lannes de LECTOURE qui, depuis, a été transformé en résidence pour curistes et remplacé par un lycée tout neuf, moins pittoresque. 

Puis formation d'instituteur à l'école normale mais pas dans le Gers, très loin, en Algérie, le goût de l'aventure et le besoin de gagner rapidement ma vie après le baccalauréat.

Carrière:

Instituteur en Algérie, encore française, rapatriement en 1962, en Ile de France: en Seine-et-Oise et en Essonne. Un  métier prenant, passionnant, pas très bien rémunéré, nerveusement épuisant, qui suscite des critiques assez rarement constructives, mais apporte parfois des satisfactions réconfortantes.

Activités littéraires et musicales:

J’ai écrit un premier roman "Ouinah, le voyage initiatique" en 1990 mais je ne l’ai publié qu’en 1994. J’ai poursuivi par quelques nouvelles, quelques poèmes, des chansons pour des spectacles scolaires et un autre roman "Le jeu de la marguerite" en 2002. En 2003, avec l’aide de l’acteur Laurent Rachou, décédé depuis, j’enregistre un CD de contes. J'ai assuré la fonction le correspondant local pour la Dépêche du Midi de 2000 à 2015. En 2007, j'ai écrit un recueil de 4 petites histoires en furlan avec leur traduction en français: "Quatri storiutis par furlan". Le furlan (prononcez fourlan) est la langue de la région natale de mes parents, le Frioul, dans le nord-est de l'Italie. En 2008 j'ai enregistré un CD de travail en mathématiques et orthographe qui convient pour les enfants du CM1 à la 6ème. En 2010 j'ai fait réimprimer "Séismes et Migrations", une reprise des deux "Ouinah" et j'ai publié "Le cristal d'azur", un ensemble de huit nouvelles "Comme une soleil de feu", "Le livre de Laurus" et des contes pour enfants. En 2013, je me suis lancé dans la composition musicale. J'ai enregistré 3 CD d'ariettes. En 2014, j'ai écrit un conte "Guillaume et le fantôme" et en 2015 j'ai publié un premier roman policier "Qui a tué Mémé Cerise ?"... etc. etc. Je continue à écrire tant que je suis vivant. 

Mes œuvres littéraires

Romans:

 

     Le jeu de la marguerite

     Séismes et Migrations

     Le cristal d'azur

     Le livre de Laurus

     Qui a tué Mémé Cerise ?

     Les Respounchous

     Du pain à la sauce vinaigrette

 

 

Nouvelles:

 

     Comme un soleil de feu     (Ensemble de 8 nouvelles)

     Silène et le drone  

 

 

Contes:

 

     Blanche et Grisouillette

     Le grand filet

     La passion du Golf

     La grippe

     Le cheval magique

     Guillaume et le fantôme

 

Poèmes:

 

     Poème sans fin

     Poèmes en vrac

     Rimes et refrains de lomagne et d'ailleurs

Divers:

 

   Dictionnaire

  "Petit dictionnaire français frioulan et frioulan français"

   Dictionnaire établi d'après des textes publiés par la SFF. Il est éventuellement évolutif.

   Paru en mai 2016 en autoédition.   23 pages au format 21x14,8                      4 euros

 

   Recueil

   "Observations et relevés météorologiques effectués sur 22 ans, de 1995 à 2016"

   Moyennes de températures et pluviométrie. Conseils de culture.

    Paru en 2017, éditions BoD. 51 pages au format 21x14,8                                  7 euros

Mes œuvres musicales

CD

         

     Méli-Mus  n°1

     Méli-Mus  n°2

     Méli-Mus  n°3

 

 

Morceaux

 

     Défis Croisés          

         - défiscroisés       

         - défiscroisésB    

         - défiscroisésBx  

 

 

Détails

"Le jeu de la marguerite"

Un jeu libertin pratiqué par un groupe de chasseurs  va influer, parfois de manière dramatique,  sur la vie d'un groupe d'adolescents. (lire ci-dessous)

Paru en 2002 en autoédition 240 pages au format 14 x 21                           Prix 14 € 

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"Séismes et Migrations"

Quelques instants de la vie d'une tribu préhistorique formée d'hommes aquatiques en butte à des bouleversements sismiques qui modifient leur environnement. (lire ci-dessous)

Paru en 2010 aux éditions Publibook 348 pages au format 14,5 x 21            Prix 26 € 

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"Le cristal d'azur"

La découverte d'un cristal mystérieux va modifier la vie de deux adolescents, élèves de terminale dans un lycée gersois. (lire ci-dessous)

Paru en 2010 aux éditions Bod 228 pages au format 14,5 x 21                     Prix 16 € 

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"Le livre de Laurus"

En creusant dans son jardin pour planter un chêne, Félix découvre des tablettes gallo-romaines qui racontent des fragments de la vie de Laurus. (lire ci-dessous)

Paru en 2012 aux éditions Bod, 172 pages au format 14,5 X 21                    Prix 15 €

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"Qui a tué Mémé Cerise ?"

En 1918, le meurtre de la cantinière des Tirailleurs Sénégalais, Mémé Cerise, va mobiliser les enquêteurs pendant plusieurs jours. (lire ci-dessous)

Paru en 2015 aux éditions BoD, 100 pages au format  14'5 X 21                    Prix 10 €

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Les Respounchous

Dans le Gaule ancienne, avant la conquête romaine, une affaire de meurtres a été résolue par les Lactorates et les habitants des villages avoisinants. (lire ci-dessous)

 Paru en 2016 aux éditions BoD, 124 pages au format  14'5 X 21                    Prix 11 €

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 Du pain à la sauce vinaigrette

Les périples d'une famille de Syriens catholiques qui, en 2016, essaie de se réfugier en France, fuyant devant l'avancée des Islamistes intégristes . (lire ci-dessous)

 Paru en 2018 aux éditions BoD, 244 pages au format  14'5 X 21                    Prix 12 €

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Textes de découverte

 

Le jeu de la marguerite

- Que fait-il donc ? maugréait le baron, piétinant devant sa porte d'un air impatient.                        
Serré dans sa veste de sport en tissu écossais à carreaux voyants, les bretelles du fusil et de la gibecière tirant sur ses épaules, il martelait du talon les marches du perron de son château.
- S'il a un empêchement ou du retard, qu'il prévienne ! On n'aurait pas à l'attendre. Que fait-il donc ?
Trois de ses compagnons de chasse, debout près de lui, tenaient les chiens qui tiraient sur leurs laisses avec une fougue communicative. Il ne manquait que le cinquième chasseur, un ami d'enfance, habituellement ponctuel. Le baron trépignait. C'est que la chasse doit se commencer dès le début du jour afin de ne rien perdre des heures déjà bien diminuées de la mi-octobre.  

   L'automne flamboyait de tous ses ors et les clartés du levant teintaient d'une lumière chaude les murs décrépis de la vieille demeure. Le baron regardait avec impatience l'allée bordée d'épicéas centenaires. Il restait insensible à la beauté de leurs cimes auréolées à contre-jour par les vives lueurs que dispensait un banc de nuages teintés de rouge et de rose, d'où n'allait pas tarder à émerger un frais soleil d'automne. Un bruit de moteur fit vibrer les vitres des fenêtres du premier étage et l'on vit apparaître la Dauphine bleu clair de Roger Lartibe, irisée par les premiers rayons rasants.
- Enfin te voilà, s'exclama le baron. T'en as mis du temps ! Il est presque sept heures et demie.
- M'en parle pas, s'excusa le retardataire en saluant et serrant des mains à la ronde, il m'a fallu porter mon fils, Jacques, prendre le car pour le lycée.
- Il ne pouvait donc pas y aller à pied ? Ou se faire porter par sa mère !
- Tu crois que c'est aussi simple ? On voit bien que tu n'as pas de famille, toi ! Arlette avait une liste de commandes à préparer d'urgence ce matin.
- Quelle idée aussi d'habiter cette vieille ferme loin de la ville, au lieu d'un appartement près de ta boutique d'habits.
- Tu sais bien que...
- Oui! oui!... peu importe,. Si nous sommes prêts, en route... Au fait, Maître Dillon, vous n'avez pas amené votre Blaky cette fois-ci ? Il est pourtant le meilleur pour arrêter les perdreaux.
- Ah! baron ! Croyez que je le regrette. Il n'aurait servi à rien en ce moment. Il boite ! Figurez-vous qu'il est sorti de notre enclos, il y a huit jours, lui qui ne sort jamais. Il avait sûrement senti quelque femelle en chaleur. Il a dû être heurté par une voiture. On l'a retrouvé du côté de la Nationale avec une patte cassée. C'est le facteur qui me l'a rapporté.
- C'est vraiment dommage ! Surtout ce matin. Nous allons battre le vallon sud, en partant des prés du Gers et en remontant jusqu'au plateau. Peiralet nous portera une collation vers une heure, à la ferme de Caillaouet.
- Tu ne nous fais pas manger à la bergerie, comme d'habitude ? demanda Roger Lartibe.
- Pas cette année. Louscasses me l'a demandée pour y entreposer du fourrage. En échange, il nous offre l'hospitalité dans sa grange, là où l'on faisait les repas du dépiquage1.
Tout en devisant, ils étaient descendus jusqu'aux prairies du fond de la vallée où quelques nappes de brume flottaient mollement au-dessus des eaux boueuses du Gers. Gaétan frissonna.
- Fais pas très chaud, mon oncle !
- Je t'avais dit de t'habiller comme un chasseur. Regardez-moi cet accoutrement ! Des jeans troués et effilochés, un gilet à franges et des chaussures impossibles. ! Quelle génération !
- Mais ce sont des santiags, mon oncle. On ne porte plus que ça de nos jours.
- Balivernes ! De jeunes écervelés dans ton genre, peut-être ! Nous verrons quand tu auras dérapé dans les sillons des labours et piétiné dans les tournesols et les maïs frais moissonnés. Mais, nous voici à pied d'œuvre. Nous allons nous répartir sur ce flanc. Gaétan, comme c'est ta première chasse, tu te mettras entre maître Dillon et Nicolas. Ce sont de fines gâchettes. Si tu manques ton gibier, ils rattraperont ton coup.
- Ne vous en faites pas, mon oncle. Je tire bien ! Vous verrez. ! Dans les fêtes foraines, je réussis toujours de bons scores.
- Bien sûr ! Bien sûr ! Dans les fêtes foraines, opina le baron qui sourit en hochant la tête, bientôt imité par les trois autres chasseurs.
- Moi aussi, j'étais bon tireur à l'armée, intervint Nicolas Desper, mais mes premières chasses n'ont pas été fameuses. C'est qu'il faut du réflexe et savoir deviner la trajectoire gibier. On ne tire pas de la même manière une perdrix et un lièvre. Quels étaient vos résultats pendant votre service militaire ?
- J'ai réussi à l'éviter, répondit joyeusement Gaétan sans remarquer la mine désapprobatrice des chasseurs. Il paraît que mon poumon droit n'est pas assez développé.
- Allez, on y va, dit le baron en préparant son fusil, un superbe Idéal à canons juxtaposés. On lâche les chiens.
Dans un vacarme d'aboiements, les quatre chiens s'élancèrent à travers les herbes humides où le soleil allumait de brefs scintillements.
- Regardez-les, s'ils sont tout fous ! s'exclama le notaire. On voit que c'est leur première chasse de la saison. 
  
   Les cinq chasseurs se mirent en marche à leur tour, s'écartant progressivement, pour couvrir la plus grande surface de terrain. La journée s'annonçait bonne. Seuls quelques cirrus vaporeux flottaient vers le nord, au-dessus de la Garonne. Un léger vent d'autan s'était établi depuis la veille. Si l'on en croyait la sagesse paysanne, on en avait pour au moins trois jours de beau temps.
- Ça leur passera ! affirma le baron. Ouvrez l'œil, maintenant. J'ai aperçu un lièvre qui flânait dans les champs de la Rougeade ces jours derniers. Et Vauchan m'a dit avoir vu des chevreuils du côté de la Sablère. 
- Il paraît que des perdreaux tournent sur le plateau, ajouta Roger Lartibe.
- Sans parler des lapins qui sont revenus peupler les clapiers du bois des chênes. Ce doit être des souches qui ont résisté à la maladie. N'oubliez pas: si vous voulez que Peiralet nous prépare du gibier pour dîner, nous devons le lui apporter à midi.
- Attention, prévint Nicolas. Je crois que Folette a senti quelque chose. 
Chacun prit son arme en mains et continua sa progression de cette démarche particulière du chasseur qui devine une proie à portée. Le corps est tendu, les yeux aux aguets, les gestes mesurés, réduits, l'allure caractéristique du prédateur. 

   La chasse se poursuivit toute la matinée avec des fortunes diverses. Vers les treize heures, ils arrivèrent au Caillaouet, ragaillardis par les prises non négligeables qui gonflaient leurs carniers et par deux bouteilles de Jurançon sec qu'ils avaient vidées en cours de route pour soutenir leur moral. Le plus chanceux avait été le notaire qui pouvait aligner devant Peiralet, le traiteur, quatre garennes, deux perdrix et une tourterelle. Gaétan ne fut pas peu fier d'avoir réussi à abattre un lapin qui avait jailli devant lui, d'une touffe de ronces d'où un des chiens l'avait débusqué. La plus belle prise était une biche qui avait commis l'imprudence de bondir hors d'une haie juste à bonne portée du baron. 
Louscasses, le fermier, les accueillit par des félicitations chaleureuses et les conduisit vers la grange dont il avait sorti toutes les machines pour la circonstance. Sur une grande table rustique en chêne massif, au plateau épais d'au moins quatre travers de doigts, Peiralet n'avait préparé qu'un repas simple; le grand festin aurait lieu le soir. Ils l'accompagnèrent du vin de la ferme, un cru sans prétention, de l'année précédente, que les jours orageux de l'été avaient rendu légèrement pétillant, fort agréable à boire très frais.Le repas fini, on ne se remit pas en route immédiatement. Les corps avaient besoin de reconstituer les forces usées par la marche du matin. De plus, il fallait laisser aux chiens le temps de reprendre leur souffle encore un peu court en ces premières chasses de la saison. Après avoir beaucoup bu et légèrement mangé, les pauvres bêtes gisaient, allongées sous la table, langue pendante, entre les pieds de leurs maîtres. Ceux-ci n'en finissaient pas de commenter les péripéties des prises du matin ou de rappeler les hauts faits des chasses d'antan.Un café très fort, lentement dégusté, suivi d'un inimitable armagnac, vieilli comme il se doit en fût de bon chêne, leur redonna la vigueur nécessaire au parcours de l'après-midi qui s'annonçait plus malaisé car il allait se dérouler à travers les bois.
 
   Le soleil venait juste d'ensanglanter une bande de nuages derrière lesquels il s'éclipsait avant de se coucher, lorsque nos cinq chasseurs arrivèrent au château. Bien que d'usage courant dans le langage local, le terme "château" était un bien grand mot pour désigner ce manoir du dix-huitième dont la charpente fatiguée incurvait ses rangées moussues de tuiles ébréchées. L'ensemble des bâtiments laissait toutefois deviner sinon la splendeur, du moins l'aisance des premiers possesseurs, avant que les tourmentes de l'histoire ne viennent disperser les terres rattachées qui en assuraient la richesse et le maintien. De vente en rachat, les écuries inutilisées, puis les communs, s'étaient peu à peu délabrés, faute d'un entretien suivi qui s'avérait de plus en plus coûteux. Seul le corps principal dressait dignement sa masse imposante en haut de l'étroite colline sur laquelle il était perché, comme une cité gauloise sur son oppidum fortifié. Bizarrement, une haute tour ronde flanquée d'une autre plus étroite, abritant un escalier, était accolée à ce bâtiment. C'était le donjon d'un ancien château fortifié médiéval, qu'un architecte un peu fantaisiste avait décidé de conserver, apportant une touche anachronique à cette construction plus récente. Ses murs, marbrés par les taches plus claires d'un crépi rénové, avaient été restaurés dans leur épaisseur initiale et percés d'étroites fenêtres,. La terrasse et les inévitables créneaux de son sommet dominaient deux vallons fertiles. L'un, au sud, entièrement consacré aux cultures, présentait en cette saison une marqueterie de champs bruns, labourés de frais, parsemés de parcelles encore vertes de trèfles et de luzernes, ou jaunes de chaumes non encore retournés. L'autre, au nord, était entièrement boisé, les frênes jaunissants se détachant sur la verdure encore sombre de grands chênes au tronc lourd. Au loin, vers l'ouest, la large vallée du Gers étendait ses prairies verdoyantes, entrecoupées de peupleraies frissonnantes, jusqu'aux premières collines, à l'horizon, piquetées de fermes dispersées.

   Les chasseurs étaient épuisés d'avoir sillonné tous les bois du vallon nord. Ses pentes abruptes avaient coulé du plomb dans les jambes de maître Dillon, pourtant habitué à de longues randonnées, et de Roger Lartibe dont le parcours réduit au travers de son magasin, qu'il arpentait de long en large, ne constituait pas vraiment un semblant d'entraînement. Gaétan, lui, avançait à grand peine et ne savait pas ce qu'il devait déplorer le plus, les ampoules sur ses orteils et ses talons, ou les griffures sur le cuir de ses santiags.  
- Venez vous désaltérer, proposa le baron. J'ai mis au frais un petit Gaillac perlé dont vous me direz des nouvelles.  
- Juste un verre alors, accepta Roger Lartibe. Je dois ramener le chien à la maison puis faire un tour au magasin, voir si tout s'est bien passé.  
- Mon pauvre Roger, tu ne t'en décrocheras donc jamais de ta marchandise ?  
- Dame ! C'est qu'elle me fait vivre ! Et de nos jours, les temps sont difficiles pour les petits commerces comme le mien. Les grandes surfaces nous tuent avec leurs prix promotionnels et leurs produits bas de gamme.  
- Tu n'as qu'à vendre moins cher, toi aussi.  
- Tu crois que c'est facile, toi ! Il faut bien que je fasse vivre la famille. Si je ne prends pas une marge suffisante sur le volume de ventes réduit que je fais, je ne m'en sors pas, avec toutes les taxes que je dois payer. Et suppose que je baisse mes marges, je...  
- Arrête ! Arrête ! Ne vois-tu pas que je te fais marcher ?...Tenez, goûtez-moi cet élixir. N'est-il pas délicieux ? ajouta-t-il en s'adressant aux autres.  
- En effet, reconnut maître Dillon, un vrai régal... Je vais imiter notre ami. Je vais passer à l'étude puis j'irai à la maison prendre une bonne douche et me changer. De plus, j'ai découvert une vieille prune que je veux vous faire goûter, une pure merveille.  
- Ce brave notaire ! Toujours aussi amateur de vieux alcools, à ce que je vois !  
- Que voulez-vous, baron, ils se bonifient avec l'âge et je suis d'un naturel curieux. Je n'ai jamais pu résister au désir de me rendre compte de leur évolution.
- Je vous quitte aussi, intervint Nicolas Desper. J'ai trouvé une poignée de cèpes en traversant les fougères. Il me faut les nettoyer et les mettre au frais. 
- Vous avez eu de la chance, remarqua le baron. La saison est pratiquement finie. Les trois jours de fraîcheur que nous avons eu la semaine dernière, en ont stoppé la pousse.
- Oui, mais le versant des fougères est humide et bien abrité. J'en trouve souvent à cet endroit. J'en ai déjà porté deux fois à monsieur le baron.
- C'est vrai ! Ils étaient délicieux, bien meilleurs que ceux des Landes ou de Corrèze. D'ailleurs, rien ne vaut le cèpe gascon.
- Quant à moi, je vais aller soigner mes pauvres pieds, gémit Gaétan.
- Je t'avais prévenu. Pour battre les fourrés et les bois, il faut des chaussures adaptées. Hé bien ! Puisque vous partez tous, je vais aller voir si Peiralet a tout ce qu'il lui faut pour notre repas. N'oubliez pas, vers huit heures ! Je vous préparerai un bon apéritif à base de liqueur d'armagnac dont vous me direz des nouvelles. 
   Sur ces paroles, chacun s'éloigna, promettant d'être ponctuel pour le dîner.

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Séismes et Migrations 

Le groupe de chasse déposa toutes les proies au centre de la place du village, près des algues récoltées par les groupes de cueillette. Peu à peu, la tribu Rbi se rassembla pour le repas du soir pris en commun. Selon l'usage ancestral, les  Sages, commencèrent la distribution de la nourriture à la tribu rassemblée. Tout semblait se passer comme d'habitude, pourtant une sorte de malaise indéfini agitait les Rbis les plus sensibles. 
Comme pour justifier cette inquiétude, un grondement à peine perceptible roula, grandit, diminua, disparut. Tous ceux qui l'avaient perçu s'immobilisèrent. Les autres, se rendant compte qu'il se passait quelque chose d'anormal, écoutèrent à leur tour. Mais c'était déjà fini. Chacun se demanda s'il n'avait pas rêvé.  
Les questions fusèrent:
- Qu'est ce que c'était ? ... Avez-vous entendu ? ... D'où cela vient-il ? ... Que se passe-t-il ? ...
- Probablement un frémissement de la terre, dit l'un des Sages.
- Un frémissement de la terre! s'exclama l'un des jeunes. Comment la terre peut-elle frémir ? Est-elle sensible au froid ?
- Il est passé un courant d'eau glacée et la terre a éternué comme nous le faisons parfois, dit un plaisantin; ce qui ne fit rire personne.
- Il arrive qu'elle tremble, reprit le Sage, et les eaux sont alors très agitées et toutes sales. Mais il y a très longtemps que ça ne s'est pas produit. C'est ainsi qu'a débuté le Grand Cataclysme, par de très forts tremblements de terre et une grande agitation des eaux.
 Des exclamations angoissées accueillirent cette information. Les Sages s'employèrent à rassurer tout le monde et la distribution de nourriture continua. Toutefois le repas de ce soir-là se déroula dans une atmosphère tendue, inhabituelle.
Le peuple P'taé dont fait partie notre héros, Winah, avait été séparé du reste de l'humanité lors d'un séisme de grande ampleur qui a bouleversé les fonds marins de l'océan où il vivait. Un ancêtre, Mih, a conduit les survivants dans une mer fermée. Seul un étroit passage, les Portes de la Vie, permet les échanges d'eau entre cette mer d'accueil et l'océan originel devenu, croient-ils, hostile et inhabitable. De cette migration, ils ont gardé une coutume: pour qu'une fille ou un garçon devienne adulte, il doit traverser le conduit qui relie leur mer actuelle à l'océan de leurs ancêtres et rapporter l'une des coquilles lumineuses qui y vivent comme preuve de son courage. C'est leur voyage initiatique. Celui de Winah allait être peu commun.
  Winah, qui était resté en méditation toute la journée pour préparer son Grand Voyage, sortit un moment pour se dégourdir les membres. Ce soir, le repas était copieux pour toute la tribu. Parmi les jeunes adultes, Winah était  le seul à ne pas être sorti de la journée. Pour lui, demain serait le jour du départ pour le Grand Voyage, l'épreuve qui mettrait fin à son adolescence et lui permettrait de devenir l'égal des hommes de la tribu. Pendant toute cette dernière journée, il avait été dispensé de la quête commune et il s'était préparé.  
 Il avait d'abord récapitulé tout le trajet jusqu'aux Portes de la Vie, le but du voyage, d'où il devrait rapporter sa coquille lumineuse, preuve de sa réussite et talisman qu'il garderait toute sa vie et qui l'accompagnerait même après sa mort, tout au fond des Eaux Noires. C'était une longue route.  
Winah devra  longer la faille en direction de la clarté du midi jusqu'au grand tumulus qui marque le lieu où les P'taés anciens arrivèrent sur le plateau, conduits par l'ancêtre Mih. Là, il traversera la faille, cherchera le passage et suivra le long trajet souterrain qui le mènera aux Portes de la Vie, s'il évite toutes les embûches.  
Winah est sûr que sa mémoire, habituée aux récits oraux, lui permettra de retenir les indications qui l'aideront à trouver sa voie et à éviter les dangers: monstres aux formes inconnues, algues vénéneuses, courants impétueux ou défaillances personnelles. Il saura aussi reconnaître les éléments utiles qui lui permettront de survivre dans ces régions inhospitalières.
Tout en mangeant, Winah énuméra à sa famille les objets qu'il avait préparés pour son voyage. D'abord les armes traditionnelles des P'taés, en obsidienne polie, fixées sur le dos par des lanières: deux javelines à long manche et un poignard à lame dentée, tranchante et pointue. Puis le sac abdominal, en peau de phoque, souple et solide. Sa forme allongée ne risque pas de gêner la nage rapide de celui qui le porte, ni la sortie de l'eau par les ouïes latérales, ouvertes au bas de son thorax. Il avait fait une ample provision de feuilles de rim, si nourrissant et qui se garde longtemps, mais qui était si rare sur le plateau où il ne poussait que sur les terres hautes, au contact de l'air. Ses autres aliments, il devra les récolter au cours du voyage. Rma, sa mère, lui avait aussi préparé un assortiment d'algues médicinales destinées à soigner ses blessures ou à combattre les divers maux qui pourraient altérer sa santé. Elle connaissait l'art de guérir et le lui avait appris dès sa plus tendre enfance.  
Le repas se termina. Chacun avait absorbé sa part de nourriture mise en commun puis partagée selon les besoins. Comme  de coutume, on avait fait le compte-rendu des faits marquants de la journée: rencontre avec les hommes des tribus voisines, état de la culture du til que l'on essaie d'étendre ailleurs que sur les sables gris, difficultés de la récolte des couteaux, longs comme la main et dont les coquilles sont tranchantes comme des éclats d’obsidienne, découverte d'une veine de pierre dure qui servirait à refaire les armes usées... Puis la tribu s'était mise à chanter; c'était une mélopée lente, rythmée par le claquement des galets sonores, une sorte d'hymne du peuple P'taé que chantaient toutes les tribus quand l'un des leurs partait pour le Grand Voyage. C'est ce même hymne qu'avaient chanté les P'taés survivants lorsqu'ils étaient venus s'installer sur le plateau actuel avec Mih, le Guide-Ancêtre.  Winah chanta aussi ce chant de communion qu'il pourrait ensuite fredonner dans les moments de solitude et d'angoisse. La nuit était tout éclairée par la Douce Clarté; c'était une période faste pour le Grand Voyage avaient dit les Sages. Pourtant le frémissement de la terre qui venait de perturber la soirée, semblait contredire cette prédiction optimiste. Winah sentait obscurément que sa mémoire garderait longtemps cette vision de sa tribu assise en rond devant la caverne du Conseil.           Enfin, toute la tribu Rbi était allée se reposer dans les huttes-grottes familiales et Winah avait regagné celle qu'il partageait avec ses parents, son jeune frère Tsor, âgé de huit ans, et sa petite sœur Mia qui venait d'avoir deux ans et pérorait déjà comme un poisson d'algues. Tous les cinq étaient très émus, malgré les propos rassurants de Kil, le frère aîné qui avait accompli son grand voyage deux ans auparavant.
Il en retraça les principales péripéties pour redonner du courage à son cadet. Etant adulte, et n'ayant pas encore choisi de compagne, Kil vivait ordinairement dans la grotte commune des célibataires, mais ce soir, il était venu soutenir Winah dans les derniers instants avant le départ.
 Comme tous les êtres marins, le peuple P'taé dormait peu et les premières lueurs de l'aube éclairaient à peine l'entrée de la grotte quand Winah, ayant salué tous les siens, prit la direction de la grande faille, première étape de son long voyage. Kil l'accompagna jusqu'aux limites des terres Rbi. Encore quelques conseils, une dernière étreinte des deux mains, et la grande aventure commença.  La clarté du matin se fit plus vive. Les P'taés des tribus voisines sortaient sur le seuil de leurs grottes. Devinant le but de la nage du jeune Rbi, ils lui faisaient de grands gestes d'encouragement puis tendaient le bras en direction de la faille. Quelques-uns s'approchaient et parlaient du mini séisme:
- Avez-vous ressenti le tremblement de la terre dans ton village ? était la question la plus posée.
 Et ils exprimaient leur inquiétude et le malaise que cet événement inhabituel avait provoqué. Winah en était affecté mais il poursuivait son voyage en essayant d'oublier ce mauvais présage. Il nageait d'une allure régulière, les deux pieds palmés dans le prolongement du corps horizontal, la tête basculée pour bien voir devant lui, la bouche ouverte afin d'activer la circulation de l'eau qu'il respirait. Il nageait à hauteur d'homme, ne s'élevant que pour passer au-dessus des zones de rochers où les tribus avaient creusé leurs habitations. De grands champs de til ondoyaient sous lui, balançant leur chevelure verte au gré des courants. Dans les amas rocheux, foisonnaient de nombreuses variétés d'algues aux couleurs changeantes et aux formes tourmentées. Certaines étaient comestibles.  Parmi elles grouillaient divers animaux que Winah s'amusait à effaroucher en écartant les tiges qui les cachaient. Il avançait peu à peu vers  la faille. La clarté du soir commençait à baisser quand il l'atteignit.
 Il rencontra d'abord une série de rochers tourmentés formant un mur irrégulier d'une hauteur d'environ cinq hommes debout. Par endroits, trois ou quatre marches géantes s'élevaient du plateau jusqu'au sommet du mur. 
 Là où Winah arriva, la paroi était verticale et lisse. Il nagea jusqu'au faîte qui mesurait cinq bras de large et il s'y assit. Il regarda la faille.
 A ses pieds, la paroi descendait en une pente assez vive et régulière. Le regard n'arrivait pas à percer les ténèbres des Eaux  Noires dans lesquelles elle plongeait. Winah n'apercevait pas non plus, sur l'autre bord de la faille, la muraille verticale qui s'élève jusqu'à l'air et probablement au-delà. Après un moment de rêverie, il se décida à reprendre son voyage en direction de la clarté du midi ainsi que l'avaient indiqué les Sages. Il suivit la bordure mais en restant du côté du plateau car il redoutait les eaux sombres de la faille. La lueur du jour était maintenant éteinte; la Douce Clarté l'avait insensiblement remplacée. Peu fatigué, malgré cette journée de nage ininterrompue, Winah décida de continuer son trajet pendant une partie de la nuit. Il chercherait sa nourriture, tout en nageant, le long des rochers de la bordure en contrebas, près de la surface du plateau. Il aperçut plusieurs touffes de til sauvage. Il en cueillit une grosse poignée qu'il mâcha lentement en poursuivant sa route. 
 Peu après, il aperçut un homard de belle taille, de deux mains de large environ. Le jeune Rbi ralentit sa nage et, sans mouvement brusque, s'approcha du crustacé méfiant. De sa main droite, il saisit une des deux lances, celle aux bords barbelés. Plaqué contre un rocher dont seuls ses yeux et son bras dépassaient, il demeura un instant immobile. Puis il avança lentement sa pointe d'obsidienne vers sa proie. Encore une longueur de bras. Il serait bon d’approcher plus près mais l'animal agitait ses yeux en relief; il ouvrait et fermait une de ses pinces. Winah s'immobilisa un moment puis recommença la lente descente de son bras. Plus qu'une demi-longueur. Nouvel arrêt. Une brusque contraction de tous les muscles, une détente fulgurante du bras armé et le homard se débattait au bout de la lance, piqué en plein milieu de la carapace.

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Le cristal d'azur 

 Un soleil étonnamment vif pour cette mi-octobre versait un or rutilant sur la vallée du Gers où quelques tracteurs obstinés terminaient le labour des grandes parcelles qui découpaient des carrés d’un brun sombre alternant avec les rares prairies jaunes et vertes, s’étageant  sur les pentes parfois sévères montant de la rivière, et les chaumes jaune brûlé qui avaient généreusement dispensé leurs récoltes de céréales, de maïs et de tournesols. Géraud observa un instant ce paysage paisible puis détourna ses yeux avec un soupir, lança son sac lourd d'ouvrages scolaires sur le banc qui attendait le passant fatigué, devant la villa, et se pencha vers le tuyau d’arrosage. Il fit couler un mince jet d'eau qu'il avala goulûment. La chaleur du car de ramassage scolaire lui avait desséché la gorge. Il se rafraîchit le visage, la nuque, et humidifia ses cheveux en soupirant de bien-être. 

  - Tu as si chaud que ça ?

    Une femme en tablier de cuisine, grande, la quarantaine solide, l’air souriant, qui venait d'apparaître silencieusement sur le seuil, un égouttoir à salade à la main, suivait d'un œil amusé les gestes de l'adolescent.

  - Ah! Tu es là, maman ! s'exclama celui-ci, surpris. Oh! Oui, j'ai chaud ! Ne m'en parle pas. On ne dirait pas un mois d'octobre.

  - Tu aurais pu te désaltérer à l'intérieur.

   - Pourquoi ? C'est la même eau et elle est aussi fraîche ici que dedans.

   - La journée s'est bien passée ? Tu as eu des notes ?

   - Un dix-sept en math mais seulement douze en histoire.

   - Pourtant tu avais révisé toute la soirée.

   - Je me suis emmêlé dans les causes de la guerre.

   - Ton père n'est pas encore rentré. Tu ne veux pas arroser le jardin ? Il est tout sec avec cette chaleur.

   - Qu'est-ce qu'il faut arroser ?

   - Tout ! Tu n'as qu'à brancher le jet rotatif…

Le potager de la famille était formé d’un grand carré clos par un grillage élevé afin de dissuader les lapins de garenne ou les chevreuils toujours prêts à faire des virées nocturnes et à venir goûter la saveur des salades, radis, choux et autres légumes que le père faisait pousser avec obstination parce que, disait-il, « C’est meilleur quand ça vient du jardin ». Aussi passait-il ses temps libres d’ouvrier maçon, à la culture de son petit bout de terrain acheté à bas prix parce que situé en dehors du village, quand il n’allait pas faire une partie de boule lyonnaise avec d’autres habitants. Il réussissait d’ailleurs assez bien ses cultures, produisant largement des légumes de toutes sortes, en donnant même à ses amis qui le charriaient parce qu’il ôtait le pain de la bouche aux jardiniers professionnels et aux maraîchers. A cette culture, participait aussi la mère, Isabelle, secrétaire municipale qui tournait dans les villages alentour, tantôt dans l’un, tantôt dans l’autre, selon un programme bien défini mais que les maires ne respectaient pas toujours, lui téléphonant parfois chez elle pour lui demander tel ou tel détail. A la fin de sa formation comme secrétaire, Isabelle Saulnier avait cherché un emploi dans une entreprise de la région proche. Ne trouvant rien, elle avait pris le secrétariat de la mairie de Castelnau qui se trouvait disponible pour une demi-journée par semaine, en attendant de trouver mieux. Elle s’était intéressée à la gestion communale, elle avait suivi des stages de perfectionnement, avait acquis des compétences indéniables et peu à peu, le bouche-à-oreille ayant joué, et elle avait été sollicitée par d’autres communes voisines pour le même travail. Toujours serviable, elle mettait un point d’honneur à répondre favorablement aux demandes que lui faisaient les maires, les conseillant de son mieux, les mettant au courant des nouvelles lois, leur évitant des bévues, étant toujours disponible, ce qui avait le don d’agacer son mari, Guillaume Marlier. Elle l’avait d’ailleurs rencontré ainsi, à l’occasion d’une demande de certificat de naissance dont il avait besoin. Ils avaient discuté et de fil en aiguille avaient sympathisé, s’étaient revus, s’étaient mariés après qu’il eut effectué son service militaire et s’étaient installés à « La Bourdette », une ancienne ferme qu’ils avaient rénovée et améliorée petit à petit. 

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      P 100

  -  Près de six mois avaient passé depuis la fin des armes dans le monde. Géraud et Céline étaient assis sur les gradins du stade d’Auch, en train de regarder un match de rugby qui opposait le FCAG auscitain à une équipe d’Aurillac. Au début de la 2ème mi-temps, ils applaudirent à une magnifique passe de Mathieu Acebes à Thomas Bastolica qui en profita pour aller marquer un essai quand ils se sentirent devenir tout bizarres. Ils s’arrêtèrent, se retournant l’un vers l’autre avec des regards inquiets en se prenant les mains. Ils se virent mutuellement devenir de plus en plus transparents et leurs voisins les virent disparaître eux aussi.


    Ils émergèrent dans un endroit étrange, une grande pièce toute claire, au sol souple, aux parois courbes mais verticales, faites de verre teinté en léger bleu marqué de tout une série de traits sombres, certains droits, d’autres courbes qui se croisaient, s’entrecoupaient, dans un entrelacs de signes bizarres à laquelle les deux jeunes gens cherchèrent vainement une signification. Le plafond, haut comme celui d’une cathédrale était tout alvéolé de creux carrés sombres. Pas de portes ni de fenêtres. La pièce était complètement vide, pas un meuble, pas un objet, rien. Ils y étaient seuls. Il y faisait plus frais que sur le stade où ils étaient assis l’instant d’avant. Un souffle léger tombait de l’un des carrés en creux du plafond. Pas de coin dans la pièce, bien qu’elle ne fut pas circulaire, plutôt vaguement ovale.

- Où sommes-nous ? fut la première question que posa Céline. 

- Qu’est-ce qui nous est arrivé ? demanda Géraud comme en écho. Et où est le stade ? Tous les gens ? Les joueurs ?

Il n’y eut nulle réponse, nul bruit.

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 Le livre de Laurus

 - Mais enfin, que sont devenues les autres tablettes, s’énerve Félix Gavian, un jeune professeur d’histoire et de géographie, passionné de fouilles, qui s’entête à creuser une sorte de tumulus situé dans son jardin, à peu de distance du Gers, le cours d’eau qui coule au bas de Lectoure. C’est vrai quoi ! Il n’y a aucune raison qu’elles ne soient pas avec les trois premières que j’ai trouvées presque en surface du sol.

- Calme-toi, lui conseille d’une voix tranquille Sophie, son épouse, une jeune femme brune, à la silhouette svelte et toujours souriante. Si nous creusons encore, nous finirons bien par trouver le reste des tablettes, si elles existent.

- Comment ça, si elles existent ?

- Hé bien ! Oui ! Si elles existent. Suppose que Laurus, la personne qui semble être le personnage principal de l’histoire, soit mort, ou qu’il ait eu un accident, ou que sais-je d’autre, moi ? Hé bien son histoire s’arrêterait là. Ou bien suppose alors que celui qui l’a gravée n’ait pas pu continuer pour une raison quelconque. Ou encore que les tablettes aient été trouvées et qu’elles aient été utilisées pour être intégrées dans des constructions postérieures par des gens que le texte écrit ne touchait pas.

- Oh ! Si tu vas par là, il n’y a plus qu’à tout laisser tomber ! dit Félix en s’asseyant par terre au bord du creux qu’il était en train d’approfondir.

- Mais non ! C’est tout toi ça ! Tu passes toujours d’un extrême à l’autre, ajouta-t-elle en s’asseyant à côté de lui.

 

Trois jours plus tôt, tous deux étaient dans le vaste terrain légèrement en pente bordant la maison qu’ils viennent d’acquérir. Au milieu de la zone de pelouse, s’étendait un monticule de un mètre de haut dans sa plus grande hauteur, étendu comme un demi-terrain de basket, presque circulaire. Avec sa pioche et sa pelle, Félix avait commencé à creuser un trou vers le milieu du sommet du tertre dans lequel il voulait planter un chêne qui, une fois grand, serait du plus bel effet, dominant le terrain alentour. A un moment donné, sa pioche avait heurté quelque chose de dur. Il s’apprêtait à porter un coup plus fort quand il remarqua que la pierre était plate et portait des stries régulières. Il la dégagea avec précaution et sortit une série de trois tablettes empilées l’une sur l’autre, un peu plus grandes que le format A4. En regardant de plus près les stries, il s’aperçut que c’étaient des lignes d’écriture gravées dans la masse avec beaucoup de soins. Son épouse Sophie l’avait retrouvé assis, les tablettes sur les genoux, en train de marmonner à voix basse.

- Que fais-tu ? lui avait-elle demandé.

- Regarde, lui répondit-il tout excité, des tablettes romaines ou gallo-romaines, enfin de cette époque là ! Il y a tout un texte et, chose étonnante, elles sont en pierre et gravées sur les deux faces. Alors que les tablettes habituelles sont en cire ou en bois, ou encore en peau, et ne sont écrites que sur une seule face.

- Oui ! Bon ! Et alors ? demande Sophie. Il n’y a pas de quoi en faire une attaque !

- En faire une attaque ! Tu as de ces expressions ! Mais rends-toi compte, si elles sont en pierre, c’est qu’elles étaient prévues pour durer longtemps, un peu comme les statues ou les monuments en marbre. Si on les a gravées des deux côtés, ce devait être pour limiter le nombre de tablettes. C’est donc que le texte était long et important !

- En fait pour le diviser par deux.

- Quoi, le diviser par deux ?

- Le nombre de tablettes, bien sûr !

- Ah ! Oui... Avec ton esprit rationnel de prof de math ! C’est vrai, si elles n’étaient écrites que d’un seul côté il y en aurait le double. Remarques-tu cet orifice percé au milieu d’un petit côté. Je pense qu’il devait y avoir un lien qui les attachait ensemble.

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Cinquième jour avant les Calendes de mai*.

- Ah! Quintus, mon ami ! Que je suis heureux de te voir ! Castix, mon guetteur, m'avait signalé ton arrivée par la route des crêtes. Tu viens bien tard cette année. Je t'attendais pour les ides de mars. Mon vin aromatisé n'a-t-il plus la faveur d'Attilius, ton maître ?

- Si, Laurus ! Il le trouve tellement vivifiant ! Avec cet hiver pluvieux, je ne suis parti de Rome que fin mars. En plus, après dix milles, mon char a heurté une borne milliaire et s'est renversé en brisant presque toute ma cargaison d'amphores d'huile et de vin de Campanie destinées à Tolosa. Un vrai désastre. Attilius, fou de rage, m'a obligé à tout rembourser. Il a failli me rayer de ses familiers. Heureusement que Flavinia, son épouse, m'a obtenu un nouveau chargement. Je...

- Tu nous raconteras tout cela pendant le repas. Tu dois avoir besoin de te restaurer.

- Excuse-moi, je ne t'ai même pas demandé de tes nouvelles. Comment va ta famille ?

- Pour la santé, parfaite. Les brouillards qui rampent dans la vallée du Gers, montent rarement jusqu'à la maison. Tu sais, je l’ai bâtie un peu en hauteur, juste sur une couche de pierre dans laquelle il a suffi de creuser pour trouver d’abord de la terre et ensuite de l’eau. Avec celle qui ruisselle de la source des chênes et passe près de ma maison, j’en ai suffisamment pour alimenter des thermes. Oh ! Ce sont de modestes thermes, mais enfin, ils sont suffisants pour ma famille. Mais dis-moi, qu’est-ce que tu as mis au fond de ta tunique ? A quoi cela sert-il ?

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Qui a tué Mémé Cerise ?

Il était huit heures du matin ce mardi 22 avril 1918. Après leurs ablutions matinales, les Tirailleurs sénégalais du 141ème régiment stationné à Lectoure, dans le Gers, attendaient leur petit déjeuner, étonnés du retard de Mémé Cerise, de son vrai nom Georgette Delcas, qui était toujours très ponctuelle. Debout devant le réfectoire dressé dans l'un des baraquements du virage de la route de Condom, ils regardaient vers le haut de la pente, en direction de la maison de Mémé Cerise, ainsi surnommée à cause de la rougeur de ses joues. La vue des volets encore fermés les inquiétait. Quand le sergent-chef Deltour arriva, ils l'entourèrent demandant pourquoi le petit déjeuner n'était pas prêt comme chaque jour. Celui-ci, étant tout aussi étonné qu'eux, décida d'aller voir ce qui se passait. Il amena avec lui le caporal Saamba Malinko et ils montèrent jusqu'à la maison de Mémé Cerise. Le caporal étant secoué de temps en temps par une toux persistante qui outre sa formation motivait sa présence au camp lectourois. Tout était silencieux. Le sergent-chef frappa à la porte. Pas de réponse. Il tira sur la sonnette. La clochette tinta à l'intérieur mais personne ne répondit. Il essaya de faire le tour de la maison qui était perchée au bord de la route et dominait tous les baraquements des Tirailleurs construits dans les terrains en contrebas de la ville. Aucun bruit si ce n'est le miaulement d'un chat blanc et noir sortant d'une chatière de la porte du sous-sol. Pas de Mémé Cerise. Ils revinrent à la porte d'entrée et frappèrent à nouveau. Le silence seul leur répondit. Ils essayèrent d'ouvrir la porte et furent tout surpris de voir qu'elle n'était pas fermée à clef. Ils entrèrent dans le couloir et appelèrent.

- Mémé Cerise ! Mémé Cerise !

Leurs appels restèrent vains. Ils virent une porte entrebâillée vers le fond du couloir. Ils s'avancèrent, ils l'ouvrirent, ils actionnèrent l'interrupteur et ils poussèrent des exclamations horrifiées. Sur le lit tout en désordre, Mémé Cerise gisait sur le ventre, la tête tournée de côté avec un bâillon sur la bouche, complètement nue, son corps ensanglanté, indéniablement morte. Ces mains étaient attachées aux barres, à la tête du lit.

- Mon Dieu ! s'exclama le sergent-chef Deltour, la pauvre femme. Qu'est-ce qui a pu se passer ? Ne touchons à rien; on ne peut plus rien pour elle. Tu vas redescendre au campement, dire au tirailleur Samir Bénoké, l'aide de Mémé Cerise, de prendre deux de ses camarades pour le seconder et de préparer le petit déjeuner pour tous. Ensuite tu vas trouver le capitaine Solédano et tu lui expliques ce que nous avons découvert. Je vais monter prévenir les gendarmes. La pauvre Mémé Cerise ! Qui a bien pu faire ça ? Tu diras aussi à Samir de prévoir en plus le déjeuner pour tous à midi et de commencer à le préparer.

- Je leur dis aux Tirailleurs, pour Mémé Cerise ? demanda Saamba Malinko entre deux quintes.

- Oh ! Oui ! Tu peux le leur dire. Ils le sauront de toute manière.

Ils partirent chacun de son côté.

 

Le lieutenant Lepeyne, commandant la brigade de gendarmerie, lorsque le sergent-chef lui eut fait le récit de la découverte du corps de Mémé Cerise, se montra préoccupé.

- En voilà une histoire, dit-il d'un air pensif. Je me doutais bien que tous ces Africains sur notre sol, ça nous amènerait des problèmes. Mais alors là, c'en est un vrai, de problème. Bon, je vais envoyer une patrouille sur place pour faire les constations d'usage et je vais prévenir l'hôpital pour qu'ils viennent récupérer le corps. Je crois qu'elle avait de la famille sur Castet-Arrouy, son frère ou son beau-frère. Je vais les prévenir aussi. Quelle histoire! Vous n'avez touché à rien, dites-vous. Bon, c'est bien. Asseyez-vous ! Vous attendez un instant, je vais prendre votre déposition.

- Oui bien sûr, mon lieutenant !

Il alla distribuer ses ordres à son second, l'adjudant Sinclair. Celui-ci prit trois gendarmes et partit aussitôt vers la maison de Mémé Cerise. Le lieutenant revint dans son bureau et se fit raconter toute la découverte macabre du cadavre de Mémé Cerise. Il l'écrivit à mesure que le sergent-chef lui rapporta les faits.

 

- Avez-vous des soupçons sur ce qui a pu se passer ? demanda-t-il à la fin.

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Les Respounchous

Bien avant que les remparts de Lectoure ne soient érigés, bien avant que les Goths n’aient envahi le Gers, bien avant que la religion chrétienne n’ait vu le jour, bien avant que les Gallo-Romains n’aient occupé l’oppidum, bien avant que les Celtes ne soient venus du Nord, vivait une peuplade ni plus guerrière, ni plus sauvage que les autres, formée de quelques centaines d’individus qui occupaient le haut la colline et se nommaient les Lactorates. Ils vivaient de la chasse qu’ils effectuaient dans les forêts giboyeuses des vallées voisines, de la pêche dans la rivière qui ne s’appelait pas encore le Gers et dans les ruisseaux qui s’y jettent et qui coulent tranquillement, de la culture et de l’élevage qu’ils pratiquaient dans les clairières dégagées de-ci, de-là, au gré de leurs fantaisie, des diktats de leurs devins ou de leurs observations sur la fertilité du sol. Ils échangeaient régulièrement des denrées, des animaux, des artefacts, avec les tribus immédiatement voisines ou même assez lointaines. Ces échanges avaient lieu après de longues négociations ou après des pressions, les Lactorates n’étant pas du genre accommodant. Ils étaient fiers, portaient des sortes de braies communes aux hommes et aux femmes, ainsi que des tuniques, sortes de capes à capuchon parfois pourvues de manches et resserrées à la taille par un lien ceinture. Les femmes pourvues d’un homme portaient souvent par-dessus une robe assez longue, souvent sans manches. Toute la nourriture était mise en commun et attribuée selon des règles complexes ou la force et le mérite étaient plus souvent pris en compte que le besoin réel de l’individu. Système illogique et injuste à nos yeux mais système stable qui fonctionnait parfaitement au gré des plus puissants. S’ils ne savaient pas écrire, sinon quelques signes formés de traits plus ou moins ramifiés et croisés ou de dessins de lettres empruntées aux peuples voisins, ils avaient une tradition orale développée et ils racontaient, quelquefois sous forme de chant rythmé répétitif, les exploits de leurs ancêtres. Quelques-uns d’entre eux du moins le faisaient. C’était le cas de la brune Albia, femme active déjà âgée d’une trentaine d’années, épouse de Britovix, un Lactorate chasseur aux longs cheveux blond foncé, aux muscles épais, toujours prêt à relever le moindre défi qui lui était proposé.

Albia avait hérité de sa mère, Fagia, le don de prédire le temps, les saisons, les récoltes, le succès des chasses, l’avenir des Lactorates qui le lui demandaient. Fagia avait enseigné à sa fille comment observer la nature, comprendre les effets et les conséquences des événements, en tirer des conclusions et les adapter aux attentes des personnes qui venaient la consulter. Albia avait bien profité des leçons maternelles et avait développé tout une stratégie personnelle de la divination qu’elle pratiquait d’un air toujours souriant, ce qui lui valait la gratitude des habitants de Lactora et des tribus voisines. Elle était une devineresse accomplie en même temps qu’une historienne orale de valeur. Elle avait l’habitude de chantonner :

Je suis celle qui sait,

Je suis celle qui dit,

Je suis celle qui fait,

Car j’ai été choisie.

 

Bonheur à mes amis,

Malheur aux ennemis,

De jour comme de nuit,

Car j’ai été choisie.

 

De sa part je reçois

Prédictions de druidesse,

Seule en elle je crois,

Divanne, ma déesse.

 

Le chef du village de Lactora, Arwenn, homme très actif qui avait été choisi pour sa sagesse, son allant et son ascendant, s’entendait parfaitement avec Albia et ne manquait pas avant chaque action sérieuse ou chaque décision importante d’aller la consulter et de tenir compte de ses avis. Sa natte brun clair attachée haut sur le crâne, il aimait discourir et expliquer à ses sujets et compagnons, les décisions qu’il estimait devoir prendre pour le bien de la communauté. En ces temps de relations souvent conflictuelles avec des tribus voisines envieuses de la prospérité des Lactorates, il savait mobiliser ses troupes et leur insuffler l’énergie nécessaire pour défendre leur cité. Ainsi Arwenn avait, sur les conseils d’Albia, fait ériger une double palissade de pieux pointus tout autour du sommet de l’oppidum, en prenant soin d’inclure dans l’intérieur de l’enceinte deux précieuses sources d’eau qui coulaient l’une vers le sud, la Hountélyent, l’autre vers le nord, la Hountwyn. C’était en effet une sage précaution, aussi bien la construction de la palissade que l’inclusion des sources, qui s’avéra utile en de nombreuses occasions où les Lactorates se virent attaqués, parfois encerclés, mais s’en sortirent toujours vainqueurs. Cette bonne entente entre Arwenn et Albia n’était pas toujours du goût de Tritsia, la femme d’Arwenn, qui éprouvait un sentiment de jalousie envers la devineresse.

- Cette espèce de vieille sorcière, elle te mène par le bout du nez, ne cessait-elle de répéter à son mari.

- D’abord, elle n’est pas vieille, lui répondait-il. Et ses avis sont toujours excellents. Et de plus elle connaît chacun des Lactorates.

- Moi aussi, je les connais tous. 

- Oui, mais elle connaît l’histoire de chaque famille. Et puis toi, tu n’es pas « la devineresse ». Tu es simplement une femme jalouse, ajoutait-il en plaisantant.

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Du pain à la sauce vinaigrette

...

C’est à ce moment que nous avons pris conscience de toutes les difficultés d’être des réfugiés. Nous n’avons rien pu récupérer des biens que nous avions à Taharbab et à Damas. J’ai fait le tour des agences pour l’emploi mais aucune ne m’offrait un travail équivalent à ma profession : j’étais un médecin généraliste honorablement connu à Taharbab où je vivais bien. Sania ne travaillait pas malgré ses diplômes en comptabilité et s’occupait à bien élever nos deux enfants. Mes propres diplômes n’étaient pas reconnus en France et il était difficile pour moi d’accepter un sous-emploi. Sania, par contre, a été assez rapidement engagée comme femme de ménage et elle s’est mise courageusement à l’ouvrage, parcourant à pied les six ou sept cent mètres qui séparaient son travail de notre maison. Nos enfants ont été scolarisés dans le collège Vercors, de Grenoble, qui, heureusement, était à deux rues de chez nous. Pratiquant le français avec nous et l’apprenant au collège en Syrie, ils se sont adaptés assez facilement à la vie française mais ils ont eu du mal à s’adapter au froid. Pour moi, j’ai continué à chercher un emploi correspondant à ma profession.

 

Novembre est arrivé, grâce au salaire de Sania, nous avons pu rembourser le premier mois de location mais nous étions obligés de compter le moindre euro, nous privant sur la nourriture et n’achetant que ce qui était indispensable. Louise, par l’entremise de l’association d’aide aux réfugiés, nous aidait autant qu’elle le pouvait. Elle nous fournissait de la nourriture gratuitement et parfois, des habits et du linge de première nécessité qu’elle prélevait dans leurs réserves.

J’allais quotidiennement aux bureaux de recrutement pour l’emploi. Un jour je fus reçu par l’une des préposées aux réfugiés, une jeune femme qui ne semblait pas blasée comme les autres. Elle me reçut aimablement.

- Vous comprenez, me dit-elle je vous crois quand vous me dites que vous avez exercé la profession de médecin. Je ne mets pas en doute vos compétences mais je n’ai aucune preuve de l’équivalence de vos diplômes avec les diplômes français. Et à l’ordre des médecins, ils ne plaisantent pas avec ça.

- Mais Madame, ils n’ont qu’à me mettre à l’épreuve. Je veux bien me soumettre à tous les tests qu’ils voudront me faire passer.

- Cher Monsieur, ce n’est pas prévu. Ce qu’il vous manque, c’est un diplôme en bonne et due forme attestant de vos connaissances en matière de médecine. Vous n’avez même pas le document que vous avez obtenu là-bas, dans votre pays.

- Évidement que je ne l’ai pas. Vous croyez que dans ma fuite, j’ai pensé à emporter tous les justificatifs avec les sauvages de l’Etat Islamique qui arrivaient. Et même si je l’avais, il serait écrit en arabe syro-libanais. Il faudrait le traduire, le faire certifier et il ne serait probablement même pas reconnu valable.

- Je ne sais pas quoi vous dire mon pauvre Monsieur. Peut-être pourriez-vous essayer d’accepter une place d’aide-soignant. J’ai eu l’information qu’en ce moment ils cherchent des aides-soignants au CHU, pardon au centre hospitalier universitaire, à l’hôpital Michallon de La Tronche. Vous resteriez un peu dans votre branche.

- Madame, vous me voyez allant faire la toilette de malades alors que je pourrais leur prescrire les remèdes pour les soigner.

- Sinon, je ne peux vous proposer que des places de manoeuvres en CDD². Avez-vous pratiqué la montagne ? La saison d’hiver va débuter et il y a des offres pour des emplois dans les stations de skis aux alentours.

- Non, non ! Je n’ai aucune expérience du froid et de la neige et je ne veux pas m’éloigner de ma famille. Je vais me résoudre à essayer l’emploi d’aide-soignant.

- Bien ! Voilà qui est agir sagement ! Voici les papiers à remplir et vous vous présenterez au CHU, au bureau du personnel. Vous leur donnerez ces imprimés et vous leur direz que vous venez de la part de Marylène, c’est mon prénom. Pendant que vous les remplissez je vais leur téléphoner pour leur annoncer votre arrivée et leur expliquer votre situation.

Je me suis mis à lire et à remplir immédiatement le dossier qu’elle me tendait. A mesure que je complétais les imprimés, je me rendais compte de la complexité de l’administration française et de la somme de renseignements qu’il fallait donner pour obtenir la moindre place. Pendant ce temps, Marylène téléphonait. Heureusement qu’elle m’a aidé et je l’ai bien remerciée de l’aide qu’elle m’a apportée. C’était une femme de taille moyenne, d’environ la trentaine, un peu épaissie par le manque d’exercices sportifs, brune et coiffée avec un chignon haut, toujours un sourire aux lèvres, apparemment compétente. Elle était vêtue d’une jupe noire et d’un chemisier crème à manches courtes, largement échancré, qui laissait deviner un soutien-gorge noir. Une chaînette avec un pendentif formé d’un triangle de perles de métal pendait à son cou. Ses bras brunis évoquaient les moments de soleil qu’elle avait dû passer lors de l’été. Ayant raccroché le téléphone, elle reprit le dossier que j’avais rempli. Je l’observais pendant qu’elle examinait mes réponses à son questionnaire, corrigeant certains points de détail, hochant la tête à la lecture de certains éléments.

- Pourquoi me regardez-vous si fixement, me demanda-t-elle en levant la tête et en souriant.

- Oh ! Excusez-moi. Je pensais aux femmes de mon pays dont certaines sont voilées, certaines même complètement cachées. Combien elles sont loin de la liberté que vous avez en France.

- Mais il y en a aussi quelques-unes qui sont musulmanes, ici, à Grenoble. Vous avez dû en croiser dans les rues, affublées de leurs voiles.

- Oui, et comme je les plains.

- Croyez-vous qu’elles se voilent sous la contrainte ?

- Peut-être pas sous la contrainte directe de leur famille, mais sous la contrainte de la tradition, sûrement. C’est un poids écrasant que la tradition. Il n’est pas facile de s’en débarrasser et de passer outre.

- Probablement. Mais elles évolueront, vous verrez. Eh ! Bien ! Voilà votre dossier prêt. Vous irez dès demain matin au CHU. Ce sera un bon début. Au revoir, Monsieur Darfat.

- Au revoir, Madame. Et encore un grand merci pour votre accueil et pour l’aide que vous m’avez apportée.

- Je vous en prie, j’ai moi-même deux enfants et je m’imagine dans votre situation. Si vous pouvez, essayez de vous procurer les documents qui justifient de vos capacités. Revenez me voir et on essaiera de les faire traduire. Peut-être obtiendrez-vous une place qui se rapproche un peu plus de votre ancien métier.

- D’accord ! Au revoir.

« Elle est bien gentille ! Qu’est-ce qu’elle croit ? » pensai-je. Elle ne devait pas se rendre compte de la situation exacte dans laquelle se trouvait ma famille. Des réfugiés, nous étions ! Des réfugiés ayant tout laissé derrière eux. A moins que l’oncle Zikhrane… C’était un oncle de Sania. Il est musulman, lui, mais musulman modéré. On s’entendait très bien avec lui. Il n’avait pas dû fuir comme nous. Il faudra lui demander de nous aider. En lui faisant passer un message. Comment le lui envoyer ? Il faut que j’en parle à Sania dès qu’elle rentrera de son travail de femme de ménage.

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Mes poèmes 

 

"Poème sans fin"

Plusieurs cas avec un leitmotv pour un total de 118 vers sur des situations actuelles

ou d'un passé proche.
Paru en 2002, au format 14,6 x 21                                                  Prix 3 € 

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"Poèmes en vrac"
15 poèmes divers, à lire pour le plaisir
Paru en 2012, au format 14,6 x 21                                                  Prix 7 € 

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"Rimes et refrains de lomagne et d'ailleurs" 

22 poèmes et 4 chansons écrits souvent après une situation émouvante

 Paru en 2017 au format 14,6 x 21                                                  Prix 8 € 

 

 Ma musique

 

"Méli-Mus  n°1"

CD d'ariettes de musiques diverses pour environ 60 minutes  

Publié en 2014 au format MP3                                                                                   Prix  5 €                     

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 "Méli-Mus   n°2"                                                                                                                             

CD d'ariettes de musiques diverses pour environ 60 minutes

Publié en 2014 au format MP3                                                                                    Prix  5 € 

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   "Méli-Mus   n°3"                                                                                                                             

CD d'ariettes de musiques diverses pour environ 60 minutes

Publié en 2015 au format MP3                                                                                    Prix: 5 €    

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   "DéfisCroisésBx"                                                                                                                             

Défis musicaux entre violon et saxophone pour environ 13 minutes

Publié en 2019 au format MP3                                                                                   Prix  GRATUIT 

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 Extraits à lire

Poème sans fin

Le diable se réjouit en son antre infernal,  
Les âmes viennent seules se mettre en son pouvoir.
La récolte est superbe, au delà de l'espoir.
Point n'est besoin pour lui de se donner du mal.

Chaque jour, les humains, acharnés à leur perte,
Méprisant l'au-delà, se damnent avec ardeur;
Au terme d'une vie de peine et de malheur,
Ils sautent dans l'enfer par l'entrée grande ouverte.

 

N'ayant plus de repères, les enfants des banlieues
Inventent un pouvoir d'où le droit est absent,
Où la force procure le plaisir et l'argent,
Où le faible pâtit, abandonné de Dieu.

Délinquants en puissance ou déjà confirmés
Font commerce à l'envie, au mépris de la loi,
D'alcool, drogue, tabac, et des armes parfois.
Tournante étant pour eux synonyme d'aimer.

Le diable se réjouit en son antre infernal,
Plus n'est besoin pour lui de se donner du mal.

Tout là-haut en Irlande, de fervents fanatiques,
Au nom d'un même dieu, luttant avec ardeur,
Depuis des décennies sèment mort et douleur,
Brûlant leur énergie en des combats tragiques.

Victimes innocentes ou partisans vengeurs,
Que fauche l'explosion ou la balle assassine,
Le regard agrandi d'une peur enfantine,
S'en vont vers leur trépas, la haine dans le cœur

Le diable se réjouit en son antre infernal,
Plus n'est besoin pour lui de se donner du mal.

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Poèmes en vrac

 La complainte de Margot...

 

 Ecoutez, bonnes gens, écoutez ma complainte.
Je n'ai plus goût à rien, mon chant n'est qu'une plainte.
Joseph BARA est mort !...


 Un colporteur l'a annoncé,
Hier, dans l'après dîner.
Point n'ai voulu l'écouter.
Mais, ce matin, un messager
A notre maire l'a confirmé.
Joseph BARA est mort !...

 

 Seule suis demeurée.
Seule, avec mes moutons, mes agneaux à garder.
C'était mon compagnon.
Ensemble nous jouions,
Ensemble nous chantions, ensemble nous courions,
Nous menions le troupeau dans les prés communaux.
Joseph BARA est mort !..


Il avait quatorze ans,
Mon aîné de deux ans.
Souvent il me disait:
Margot, ma mie, je te protégerai.
Si le loup vient, je le chasserai.
Quand serons grands, à toi me marierai.
Joseph BARA est mort !...

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Ecouter ma musique

Ariettes extraites du CD Méli-Mélo 01

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Ariettes extraites du CD Méli-Mélo 02

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Mm25t.mp3
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Mm34t.mp3
Fichier Audio MP3 1.8 MB

Ariettes extraites du CD Méli-Mélo 03

 

Mm105.mp3
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Mm207v.mp3
Fichier Audio MP3 4.1 MB
Mm212.mp3
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Morceaux de musique

 

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DéfisCroisésB.mp3
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Liste chronologique de mes ouvrages

 

 OUINAH: LE VOYAGE INITIATIQUE  (roman)

Paru en 1994 aux Editions "La pensée Universelle".
Roman sur la préhistoire, 176 pages au format 13,5 x 18. 
Prix: 12,20 € TTC.   ÉPUISÉ   téléchargement en PDF gratuit

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C'ETAIT DANS LA NUIT BRUNE  (nouvelle/enfants)

Paru en 1999 en autoédition. 15 pages au format 14,6 x 21. 
Prix 4 € TTC.  ÉPUISÉ    
téléchargement en PDF gratuit

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LAURENE  (nouvelle/adolescents)

Paru en 2000 en autoédition. 25 pages au format 14,6 x 21. 
Prix 5,5 € TTC.   ÉPUISÉ     
téléchargement en PDF gratuit

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CARTON ROUGE POUR ALEX  (nouvelle/enfants)

Paru en 2001 en autoédition. 18 pages au format 14,6 x 21. 
Prix 4 € TTC.   ÉPUISÉ      
téléchargement en PDF gratuit

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LE JEU DE LA MARGUERITE  (roman/adultes)

 Paru en 2002 en autoédition. 240 pages au format 14 x 21. 
Prix 14 € TTC.               
téléchargement en PDF gratuit

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LE PORTE-MONNAIE  (nouvelle/enfants)

Paru en 2002  en autoédition. 22 pages au format 14,6 x 21. 
Prix 5 € TTC.   ÉPUISÉ     
téléchargement en PDF gratuit

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POEME SANS FIN  (poème illustré)

Imprimé en 2002 en autoédition. 10 pages au format 14,6 x 21 
Prix 3 € TTC.   EPUISE

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CINQ CONTES DE SORCIERES   (CD/enfants)

Enregistré en 2003. CD audio  
Prix 12 € TTC.

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OUINAH: NOUVEAUX HORIZONS   (Roman)

Paru en juin 2004 aux Editions "Art Média". 
214 pages au format 15 x 21. 
Prix: 16 € TTC.   ÉPUISÉ     
téléchargement en PDF gratuit

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DES YEUX SI LUMINEUX   (nouvelle/adultes)

Paru en 2004  en autoédition. 15 pages au format 14,6 x 21. 
Prix 5 € TTC.   ÉPUISÉ     
téléchargement en PDF gratuit

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COMME UN SOLEIL DE FEU   (nouvelle/adultes)

Paru en 2006 en autoédition. 32 pages au format 14,6 x 21. 

Prix 8 € TTC.   ÉPUISÉ     téléchargement en PDF gratuit

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POEMES EN VRAC      (Recueil de 15 poèmes)

 Paru en 2007 en autoédition. 12 poèmes au format 14,6 x 21. 
Prix 7 € TTC.   
ÉPUISÉ

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QUATRI STORIUTIS PAR FURLAN   (recueil de contes)

Paru en 2007 en autoédition. 28 pages au format 14,6 x 21. 
Prix 7 € TTC.

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ORTHOMAT POUR LE CM   (CD travail/enfants)

Enregistré en 2008. 
Logiciel de travail pour apprendre ou réviser 
les principales règles d’orthographe. 
Pour s‘entraîner en calcul mental, en géométrie.
Prix 12 € TTC.   EPUISE

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SEISMES ET MIGRATIONS   (Roman)

Paru en octobre 2010 aux Editions "Publibook". 
348 pages au format 14,5 x 21.
Prix: 26 € TTC.    

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LE CRISTAL D'AZUR   (Roman)

Paru en novembre 2010 aux Editions "BoD". 
228 pages au format 14,5 x 21. 
Prix: 16 € TTC.   
ÉPUISÉ    téléchargement en PDF gratuit

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COMME UN SOLEIL DE FEU  (Recueil de 8 nouvelles)

Paru en juillet 2011 aux Editions "BoD".
140 pages au format 14,5 X 21.
Prix: 12 € TTC.

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LE LIVRE DE LAURUS   (Roman)

Paru en avril 2012 aux Editions "BoD".
170 pages au format 14,5 X 21.
Prix: 15 € TTC.

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LE GRAND FILET (Conte illustré enfants)

Paru en juillet 2013 autoédition

24 pages au format 14,5 X 21

Prix: 8 euros

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LA PASSION DU GOLF (Conte illustré enfants)

Paru en septembre 2013 autoédition

24 pages au format 14,5 X 21

Prix: 8 euros

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BLANCHE ET GRISOUILLETTE   (Conte enfants)

Réédité en septembre 2013 autoédition

20 pages au format 14,5 X 21

Prix: 5 euros                    téléchargement en PDF gratuit

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LA GRIPPE   (Conte illustré enfants)

Paru en novembre 2013 autoédition

20 pages au format 14,5 X 21

Prix: 8 euros

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LE CHEVAL MAGIQUE (Conte illustré enfants)

Paru en janvier 2014 autoédition

28 pages au format 14,5 X 21

Prix: 8 euros

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 MELI-MUS 01 (CD d'ariettes)

Paru en septembre 2014 autoédition

1 bonne heure de musique variée en MP3

Prix: 5 euros

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MELI-MUS 02 (CD d'ariettes)

Paru en septembre 2014 autoédition

1 bonne heure de musique variée en MP3

Prix: 5 euros

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MELI-MUS 03 (CD d'ariettes)

Paru en septembre 2015 autoédition

1 bonne heure de musique variée en MP3

Prix: 5 euros

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 GUILLAUME ET LE FANTOME (conte enfants)

Paru en janvier 2015 autoédition

Format 14,5 x 21.

Prix: 4 euros            Téléchargement en PDF gratuit

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 QUI A TUE MEME CERISE ?(Roman policier)

Paru en août 2015 aux Editions BoD

104 pages au format 14,5 x 21

Prix: 10 euros

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 PETIT DICTIONNAIRE Français-Frioulan

   et Frioulan-Français  (Dictionnaire)

Paru en mai 2016 autoédition

23 pages au format 14,8 x 21

Prix: 4 euros

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 LES RESPOUNCHOUS (Roman policier)

Paru en juin 2016 aux Editions BoD

124 pages au format 14,8 x 21

Prix: 11 euros

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 SILENE ET LE DRONE(Nouvelle)

Paru en août 2016 autoédition

16 pages au format 14,8 x 21

Prix: 4 euros      

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RIMES ET REFRAINS DE LOMAGNE ET D'AILLEURS (Recueil)

Paru en mars 2017 aux Editions BoD

68 pages au format 14,8 x 21

Prix: 8 euros

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METEO DE LA SARNAILLE LECTOUROISE (météorologie)

Paru en novembre 2017 aux Editions BoD

52 pages au format 14,8 x 21

Prix: 7 euros   Téléchargement en PDF gratuit

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 LIS LEZIONS DI MUSICHE (en furlan/français)

Paru en 2018 en autoédition. 32 pages au format 14,8 x 21. 
Prix 6 euros.

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DU PAIN A LA SAUCE VINAIGRETTE (Roman d'actualité)

Paru en juillet 2018 aux Editions BoD.

244 pages au format 14,8 x 21. 
Prix 12 euros.

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LE BONNET DU PERE NOËL (Conte enfants) 

Paru en 2018 en autoédition. 
Prix
 Gratuit, téléchargement en PDF

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GAIN MORTEL (Nouvelle adultes))

Paru en 2018 en autoédition.  
Prix 
Gratuit, téléchargement en PDF

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SOLSICE D'HIVER (Nouvelle adultes))

Paru en 2018 en autoédition.  
Prix 
Gratuit, téléchargement en PDF

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DEFIS CROISES (Morceaux de musique)

Parus en février 2019 autoédition.

A télécharger: sans soutien rythmique "défiscroisés"

               avec soutien rythmique "défiscroisésB"

Prix: Gratuit, téléchargement en PDF

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DRÔLE DE MACHINE (Nouvelle adultes))

Paru en 2019 en autoédition.  
Prix 
Gratuit, téléchargement en PDF

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